c est vraiment trop fort... on est observé quoi que l on fasse
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9h: Arrivée au bureau. Alexandre est ponctuel et son patron le sait puisqu'il pointe chaque jour avec son badge. Avant de se mettre au travail, il se connecte sur son Facebook. Les renseignements sur nos profils ne sont pas utiles qu'à nos amis. Ils servent aussi pour le réseau social à vendre des publicités très ciblées aux annonceurs. Ainsi, une personne mariée a peu de chance de voir s'afficher sur sa page une bannière pour un site de rencontres. Chez Google, le mastodonte du Net, même topo. Les données collectées sur les internautes servent la pub. A force de messages promotionnels distillés dans leur messagerie Gmail, les internautes se demandent si quelqu'un ne lit pas le contenu de leurs emails. En fait, c'est plus compliqué. «Il n'est pas question que Google sache quelle est l'identité réelle et civile d'un internaute, mais pour cibler des pubs, il faut s'appuyer sur quelques données virtuelles», répond Peter Fleischer, le monsieur vie privée de Google. Aux algorithmes de Google, donc, de scanner ces données pour faire en sorte que les pubs soient dans la langue de l'internaute et en rapport géographique avec le lieu d'où il se connecte.
12h: C'est l'heure de la pause déjeuner. Alexandre règle avec sa carte bancaire. S'il est curieux, son conseiller bancaire s'apercevra qu'Alexandre a des goûts culinaires... onéreux. Il a en effet accès au montant des transactions, au lieu, à l'heure, et à la date à laquelle elles ont été réalisées. Il peut également savoir si ce client a été interdit bancaire, quelle est sa «note» de risque en termes de crédit et garde une trace de ses conversations avec lui. La banque n'a pas le droit, par contre, de communiquer à un tiers ces informations, sous le sceau du secret bancaire. Seul un juge peut obtenir la levée de ce secret bancaire dans le cadre d'une enquête. Les données personnelles d'un client (nom, prénom, date et lieu de naissance, date d'ouverture du compte) sont transmises par les établissements bancaires au ministère de l'Economie et des Finances, qui conserve ces informations pendant toute la durée de vie du compte et trois ans après sa clôture.
16h: Alexandre passe un coup de fil avec son téléphone portable. Son appel peut être localisé grâce à la triangulation: lors d'un appel, le téléphone émet un signal relayé par des antennes. En recoupant les données de ces antennes, il est possible de définir une zone d'appel et de préciser de quelle antenne vous étiez le plus proche lors de votre coup de fil. La logique est la même pour le navigateur GPS. Les opérateurs peuvent aussi identifier le destinataire de l'appel. La collecte de ces données personnelles est strictement encadrée par deux textes: la loi «informatique et libertés» et le code des postes et télécommunications qui précise que la conservation de ces données est valable «un an à compter du jour de l'enregistrement.» Les opérateurs ne sont pas autorisés à communiquer ces données pour une exploitation commerciale. Ils sont en revanche tenus de les transmettre à la justice et à la police si elles concernent une enquête en cours.
18h: Alexandre a fini sa journée et se rend chez le médecin. Sa carte Vitale gardera en mémoire ce rendez-vous et les prescriptions éventuelles de son médecin. Alexandre n'a pas encore la nouvelle version de la carte vitale, qui contiendra davantage d'informations sur l'assuré: photo, nom du médecin traitant, maladie professionnelle éventuelle, personne à prévenir en cas d'accident... «La Carte vitale permet d'être remboursé en cinq jours et assure une qualité de soins car le médecin peut consulter les derniers médicaments prescrits et ainsi éviter une interaction médicamenteuse», fait valoir la Caisse nationale d'assurance-maladie. Même Jean-Pierre Petit, qui milite contre les diverses cartes à puce, reconnaît son utilité: «L'année dernière, j'ai perdu ma carte vitale. J'ai tenté de m'en passer, mais j'ai eu trop de problèmes. J'ai été obligé de la reprendre.»
19h: Avant de reprendre son RER, Alexandre passe faire quelques courses dans un supermarché et utilise sa carte de fidélité à la caisse. En plus de son nom et son adresse, cette carte garde en mémoire tous ses achats effectués dans ce magasin. «Les données collectées sont la propriété exclusive de Monoprix», assure à 20minutes.fr Mme Puons-Paitre, responsable du pôle fidélisation de cette enseigne. Elles ne sont jamais communiquées et servent à définir des profils clients, «pour adresser, non pas des publicités, mais des offres privilèges, comme des réductions» sur des produits ciblés. Conservées trois ans, ces données sont également utilisées «dans le cadre d'un rappel produit. Nous adressons alors immédiatement une communication aux clients concernés.»"